Le devoir d’accommodement

Objectif

Comprendre les fondements juridiques et éthiques du devoir d’accommodement et outiller les leaders scolaires à cibler les situations qui l’exigent, à y répondre de façon proactive, juste et inclusive, en respectant à la fois les droits individuels et les responsabilités organisationnelles.

Clarifier les rôles et les responsabilités des différentes parties prenantes travaillant au sein du conseil scolaire afin d’assurer la mise en œuvre concrète des engagements en matière d’équité, d’inclusion et de respect des droits de la personne. Cette compréhension partagée contribue à instaurer une culture organisationnelle fondée sur la collaboration, la responsabilisation et la justice sociale au bénéfice de toute la communauté scolaire.

Comprendre le devoir d’accommodement en milieu scolaire

L’obligation d’accommodement, selon le Code des droits de la personne de l’Ontario, signifie que les établissements scolaires ont le devoir de prendre des mesures pour éliminer les obstacles qui empêchent une personne de participer pleinement à la vie scolaire en raison de motifs protégés par le Code, comme le handicap, la religion ou l’identité culturelle. 

L’accommodement est l’adaptation des règles, des pratiques ou des environnements pour répondre aux besoins particuliers d’une personne dans la mesure où cela ne cause pas de contrainte excessive. 

Ces obstacles peuvent limiter l’accès équitable à l’éducation et nuire au bien-être, à la dignité et à la réussite des personnes concernées. Les élèves ont donc droit à un traitement équitable et respectueux. Le personnel scolaire a la responsabilité de collaborer à la mise en place d’adaptations appropriées, tout en tenant compte des limites raisonnables.

Accommodements selon les motifs protégés (Code des droits de la personne de l’Ontario)

Motif protégé Exemples de besoins d’accommodement Mesures possibles
Handicap Trouble d’apprentissage, mobilité réduite, anxiété Temps de travail supplémentaire, soutien spécialisé, locaux accessibles
Religion Prières, jeûne, port de symboles religieux Horaire adapté, salle de prière, vêtements adaptés aux croyances
Identité de genre Élève trans, non binaire Choix du prénom, toilettes universelles, respect de l’expression de genre
Race/origine ethnique Besoins liés à la culture, rituels, journées commémoratives Reconnaissance de fêtes culturelles, absences autorisées, pédagogie inclusive
Lieu d’origine Élève venant de s’établir, personne réfugiée Soutien en français langue seconde, plan d’appui, accompagnement psychosocial
État familial Élève en situation de proche aidance ou ayant un enfant Horaire flexible, accompagnement en intervention scolaire
Orientation sexuelle Élève 2ELGBTQIA+, victime d’intimidation Mesures de protection, alliance gaie-hétéro

Pour aller plus loin et soutenir la mise en œuvre du devoir d’accommodement dans les écoles, consulter le document  Le droit à l’accommodement en milieu scolaire – Guide pour les leaders en éducation

L’approche fondée sur les droits de la personne (AFDP) : un cadre pour guider l’action éducative

Pour concrétiser son engagement concernant l’équité, l’inclusion et la justice sociale, le conseil scolaire s’appuie sur l’approche fondée sur les droits de la personne (AFDP). Recommandée par la Commission ontarienne des droits de la personne, cette approche vise à intégrer les droits fondamentaux dans toutes les sphères des politiques, des programmes et des pratiques scolaires.

L’AFDP repose sur sept principes clés.

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  • Respect de la dignité de chaque individu, sans distinction

  • Égalité réelle des chances et des traitements pour toutes les personnes

  • Inclusion pleine et entière en valorisant la diversité sous toutes ses formes

  • Prévention proactive de toute forme de discrimination ou d’exclusion

  • Responsabilisation des membres de la communauté scolaire dans la mise en œuvre des droits

  • Transparence des processus et des décisions

  • Participation active de toutes les parties prenantes dans la création d’un milieu scolaire sécuritaire, bienveillant et équitable

Source : Commission ontarienne des droits de la personne. (2024). Approche fondée sur les droits de la personne pour l’élaboration de programmes et de politiques – Le cadre AFDP. À consulter pour en savoir plus sur cette approche.

Rôles et responsabilités des différentes parties prenantes travaillant dans un organisme

Pour soutenir cette responsabilité collective, toutes les politiques, tous les programmes et toutes les pratiques doivent être conçus, appliqués et évalués selon une approche fondée sur les droits de la personne (AFDP). Cette approche exige que chaque personne, peu importe son rôle dans l’organisation, contribue activement à la prévention des discriminations, à la promotion de l’équité et à la transformation des pratiques institutionnelles au service du bien-être et de la réussite de chaque élève.

Pourquoi cet engagement est-il essentiel?

Les personnes cadres supérieures orientent la vision, les politiques et les pratiques du système scolaire. À ce titre, ces personnes ont les responsabilités morales, éthiques et légales suivantes :

Garantir un climat scolaire sécuritaire, inclusif et équitable.

Respecter et promouvoir les droits de la personne de chaque membre de la communauté scolaire.

Répondre aux réalités croissantes liées à l’immigration ainsi qu’à la diversité culturelle, linguistique, religieuse, raciale, sexuelle et de genre.

Répondre à la diversité croissante en soutenant les élèves qui viennent de s’établir

Les élèves qui viennent de s’établir affrontent des défis multiples : barrière linguistique, trauma migratoire, isolement social, choc et adaptation culturels, etc. Les personnes cadres supérieures peuvent entreprendre des actions concrètes afin de les aider, notamment :

Soutenir le développement d’équipes école-famille-communauté dans chaque école.

Assurer une formation culturelle et antiraciste destinée au personnel scolaire.

Exiger que les plans d’accueil et les plans d’appui soient adaptés aux réalités locales (élèves allophones, familles réfugiées, élèves qui sont des personnes racisées).

Garantir un climat scolaire où chaque élève bénéficie de considération et d’écoute, et voit son identité représentée dans le curriculum, les pratiques pédagogiques et les décisions de l’école.

Les stratégies pour un apprentissage et une formation continue des personnes cadres supérieures

  1. Suivre des formations spécialisées; par exemple, celles qu’offrent Le Centre francola Commission ontarienne des droits de la personne (CODP) ou les universités partenaires en éducation inclusive. 

  2. Lire et utiliser des cadres de référence, tels que l’Approche fondée sur les droits de la personne pour l’élaboration de programmes et de politiques – Le cadre AFDPPolitique/Programme Note 119

  3. Participer à des réseaux professionnels en leadership inclusif; par exemple, Conseil ontarien des directions de l’éducation (CODE)L’Association des gestionnaires de l’éducation franco-ontarienne (AGEFO)Association des directions et des directions adjointes des écoles franco-ontariennes (ADFO)

  4. Organiser des cercles de dialogue ou de réflexion critique portant sur des situations réelles avec les directions d’école. 

  5. Encourager l’évaluation continue de la culture organisationnelle (audits d’équité, enquêtes de climat scolaire, groupes de discussion).

L’engagement des personnes cadres supérieures ne peut être uniquement symbolique.

Il doit être fondé sur une compréhension approfondie des droits de la personne.

Il doit être orienté vers des actions systémiques et mesurables.

Il doit être soutenu par une vision partagée avec les parties prenantes.

Il doit être adapté aux réalités changeantes d’une société francophone ontarienne plurielle.

Devant la diversité croissante, liée notamment à l’immigration en Ontario, il est essentiel de mieux répondre aux besoins des élèves et des membres du personnel qui viennent de s’établir en les soutenant dans leur parcours scolaire, professionnel et personnel. L’école joue un rôle central dans cette mission d’accueil, car elle est un lieu de première connexion, d’appartenance et de réussite. Pour y parvenir, la collaboration avec les familles, les communautés et les partenaires est essentielle afin d’assurer une réussite équitable.  

Sources :  

Autoévaluation pour la mise en œuvre de l’approche fondée sur les droits de la personne (AFDP)

Cet outil d’autoévaluation est conçu pour accompagner les personnes cadres supérieures dans l’analyse de leurs pratiques, en vue d’assurer une mise en œuvre cohérente, équitable et proactive de l’approche fondée sur les droits de la personne (AFDP) dans l’ensemble des dimensions de leur leadership.

Analyse d’études de cas

Pour terminer cette section, une analyse d’études de cas est proposée aux leaders. La série de situations authentiques suivante contribue à aiguiser le regard sur les droits de la personne en milieu scolaire en Ontario. Ces études de cas pratiques apportent un appui à l’autocompréhension et à l’application des concepts liés au Code des droits de la personne.

Le racisme anti-noir   

Un indice de disparité élevé dans le cas des suspensions des élèves qui sont des personnes noires.

L’accessibilité   

Des barrières physiques dans l’école pour l’élève en fauteuil roulant.

Un acte xénophobe  

L’élève portant un hijab vit de la discrimination à cause de sa religion.

Un acte homophobe   

Un élève victime d’intimidation en raison de son orientation sexuelle.