Santé mentale et appartenances

Objectif

Favoriser la mise en œuvre de conditions organisationnelles, relationnelles et pédagogiques qui soutiennent activement la santé mentale, le bien-être et le sentiment d’appartenance de toutes les personnes fréquentant l’école ou y travaillant, en prêtant attention particulièrement aux groupes en quête d’équité.

Stratégies ciblées de bien-être pour les groupes en quête d’équité

Avant de se concentrer sur les stratégies ciblées de bien-être, il est essentiel de bien comprendre les données relatives à la santé mentale des élèves provenant de groupes à risque de discrimination. Les données canadiennes présentées ci-dessous sont les plus récentes concernant la santé mentale des élèves des communautés 2ELGBTQIA+, autochtones et racisées. Elles contribuent à orienter de manière éclairée les actions de soutien en milieu scolaire.

Santé mentale des jeunes 2ELGBTQIA+

Selon la page Web Faits, statistiques et impact : Communautés 2ELGBTQI+ (Gouvernement du Canada), environ 29,7 % des personnes 2ELGBTQIA+ âgées de 15 ans et plus rapportent une santé mentale jugée de moyenne à mauvaise, contre moins de 9 % dans la population non 2ELGBTQIA+.

Chez les jeunes de 15 à 24 ans du Canada qui s’identifient comme 2ELGBTQIA+, près de 34 % ont eu un trouble de santé mentale au cours de la dernière année : 13 % ont fait une dépression majeure, 8 % ont souffert d’angoisse généralisée, 9 % ont usé de substances et 9 % ont eu des idées suicidaires (Rapports sur la santé – La santé mentale et l’accès au soutien chez les jeunes 2ELGBTQ+).

Les jeunes 2ELGBTQIA+ présentent un risque jusqu’à 14 fois plus élevé de comportements suicidaires ou d’abus de substances que leurs pairs non 2ELGBTQIA+, notamment chez les jeunes trans ou non binaires (Review of current 2SLGBTQIA+ inequities in the Canadian health care systemFrontiers in Public Health).

La pandémie a aggravé ces inégalités. En 2021, 46 % des jeunes 2ELGBTQIA+ ont rapporté des symptômes d’anxiété de modérés à sévères, ainsi que des difficultés accrues d’accès à des services de soutien adaptés. Environ 30 % y ont eu recours, souvent virtuellement (Commission de la santé mentale du Canada).

Santé mentale des jeunes autochtones

  • Selon des données de Statistique Canada, chez les peuples autochtones, 38 % des jeunes ont rapporté une santé mentale jugée de moyenne à mauvaise durant la pandémie (contre 23 % chez les non-Autochtones) et 41 % ont signalé des niveaux d’anxiété allant de modérés à sévères (Portrait des jeunes au Canada : Rapport statistique – Chapitre 4 : Les jeunes autochtones au Canada). 
  • Le taux de suicide chez les jeunes autochtones de 15 à 24 ans est de cinq à six fois supérieur à celui des jeunes non autochtones au Canada. Dans certaines communautés inuit, ce taux peut être jusqu’à 11 fois plus élevé. Le suicide représente la première cause de mortalité chez les jeunes autochtones de certaines communautés (Mental Health and Suicide in Indigenous Communities in Canada). 
  • Une prévalence élevée des troubles anxieux et dépressifs et des dépendances chez les jeunes autochtones a été observée, ainsi qu’un stress perçu lié au trauma intergénérationnel, à la discrimination et à la pauvreté (The Mental Health of Indigenous Students in Canada and Beyond).

Élèves des communautés noires vivant au Canada

Une étude récente menée par l’Université d’Ottawa démontre un lien de causalité entre la discrimination raciale vécue en milieu scolaire et les symptômes de détresse mentale chez les élèves des communautés noires. Plus de 40 % de ces élèves ont vécu au moins un incident de racisme à l’école, ce qui est fortement lié à des symptômes de stress, de stress post-traumatique (TPST), de dépression et d’anxiété (Le racisme dans les écoles nuit à la santé mentale des étudiantes et étudiants noirs).

Les recherches montrent également que les environnements scolaires marqués par un climat tolérant au racisme affaiblissent la résilience des élèves des communautés noires en réduisant leur confiance envers le système éducatif.

Autres jeunes provenant de communautés à risque de discrimination

Implication des conseils scolaires

Ces données montrent l’importance, pour les conseils scolaires, de mettre en place des actions concrètes afin de bâtir des milieux inclusifs et bienveillants pour chaque personne. Cela passe par : 

  • des interventions antiracistes et antisexistes actives (politiques, formations, culture scolaire); 
  • des services de soutien mental adaptés à la culture (par exemple, personnes intervenantes issues de la diversité, partenariats communautaires); 
  • la création d’espaces sécuritaires et représentatifs pour les élèves (cercles de parole, clubs, alliances, groupes d’affinité); 
  • le suivi rigoureux de données désagrégées afin de déceler les écarts, de modifier les stratégies et de s’assurer que les initiatives répondent réellement aux besoins des élèves provenant de groupes en quête d’équité.

Exemples de stratégies ciblées pour les conseils scolaires et les écoles

Les stratégies présentées ci-dessous sont ciblées pour répondre aux besoins spécifiques des groupes en quête d’équité et favoriser leur bien-être à l’école.

Programmes de santé mentale adaptés à la culture

Favoriser le bien-être en milieu scolaire nécessite de reconnaître que les approches universelles en santé mentale ne répondent pas de manière équitable aux besoins de chaque élève. Les jeunes provenant de groupes à risque de discrimination, de communautés racisées, autochtones, 2ELGBTQIA+, qui viennent de s’établir ou qui sont plurilingues, vivent des réalités spécifiques liées à l’identité, à la migration, au racisme ou à la stigmatisation. Ces expériences influencent non seulement leur bien-être, mais aussi leur relation à l’école et leur volonté de demander de l’aide. 

Un programme de santé mentale adapté à la culture intègre les perspectives, les valeurs et les références culturelles des communautés desservies.

Il utilise un langage inclusif, accessible et non stigmatisant et est traduit, au besoin, dans les langues que parlent les familles.

Il est axé sur la formation du personnel scolaire et des personnes intervenantes en santé mentale, en vue de développer leur compétence et leur humilité culturelles, ce qui les aidera à mieux comprendre les contextes familiaux et sociaux des élèves.

Il instaure une collaboration avec des partenaires communautaires représentant les communautés concernées (par exemple, personnes intervenantes communautaires, personnes aînées autochtones, groupes de soutien 2ELGBTQIA+, organismes francophones racisés) pour offrir des services pertinents et axés sur la confiance.

Il propose des outils d’intervention différenciés, comme des ateliers animés par des personnes issues des communautés concernées, des cercles de parole ou des ressources visuelles qui valorisent la pluralité des identités.

Il instaure des stratégies de régulation émotionnelle et de pleine conscience adaptées à la diversité culturelle des élèves (par exemple, recours à des récits, à des symboles ou à des pratiques traditionnelles).

Dans certains milieux, par exemple, un programme de santé mentale efficace comprendra : 

  • des groupes de discussion pour les jeunes personnes afrodescendantes centrés sur la résilience contre le racisme; 
  • des cercles autochtones animés par des personnes reconnues dans leur communauté; 
  • des initiatives de soutien liées aux traumatismes migratoires ou aux défis d’adaptation culturelle pour les jeunes qui viennent de s’établir; 
  • des espaces sécuritaires pour les élèves 2ELGBTQIA+ qui intègrent leurs identités multiples (par exemple, racisées et queer).

Ces approches reconnaissent que le bien-être se vit différemment selon l’histoire, les valeurs et les dynamiques sociales propres à chaque élève. Elles contribuent à tisser une relation de confiance plus profonde et à prévenir les ruptures entre l’école et les jeunes les plus vulnérables. 

Respecter les sensibilités culturelles liées à la santé mentale

La santé mentale peut être un sujet sensible ou tabou dans certaines cultures qui perçoivent parfois comme une faiblesse, une honte ou une affaire strictement privée l’expression de la détresse psychologique. Pour favoriser une approche respectueuse et inclusive, il est essentiel que les écoles adoptent une attitude d’écoute, dénuée de jugement, et qu’elles tiennent compte des représentations culturelles liées à la santé mentale. Cela comprend l’utilisation d’un langage accessible, la médiation interculturelle, ainsi que la collaboration avec des partenaires communautaires qui comprennent les nuances culturelles. Les écoles doivent adopter des pratiques clés en créant des espaces sécuritaires et confidentiels, en offrant des choix dans les modes de soutien et en valorisant les forces culturelles comme un moyen de résilience.

Créer des espaces sécuritaires et porteurs de l’expression identitaire

Les conseils scolaires ont la responsabilité de favoriser un environnement inclusif, sécuritaire et respectueux où l’identité de chaque élève est reconnue et valorisée. Cela passe notamment par la création d’espaces sécuritaires, de groupes d’affinité, de comités axés sur l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité (EDIA) et d’autres structures permettant aux jeunes de se regrouper autour d’identités ou d’expériences communes, d’aborder les enjeux qui les concernent et de participer activement à la transformation de leur milieu scolaire.

Groupe d’affinité

Qu’est-ce qu’un groupe d’affinité? 

Un groupe d’affinité est un espace sécuritaire où des élèves d’un groupe en quête d’équité ou ayant un ou plusieurs points en commun peuvent se rassembler pour parler de leurs expériences, renforcer leur identité et s’entraider. Il s’inscrit dans une approche d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (EDIA) afin d’offrir un soutien culturel, émotionnel et scolaire à des personnes. Ce type de groupe favorise le sentiment de reconnaissance, de valorisation et d’écoute chez les élèves, tout en célébrant leur culture, leur identité et leur histoire. Il crée un environnement où les personnes peuvent discuter ouvertement des défis qu’elles rencontrent, notamment ceux liés au racisme systémique, à l’homophobie, à la biphobie, à la transphobie et aux microagressions, en brisant l’isolement et en favorisant les connexions entre elles. De plus, il encourage le leadership et la réussite scolaire en offrant du mentorat, des occasions d’apprentissage et des modèles positifs. Le groupe peut également sensibiliser la communauté scolaire en collaborant avec le personnel et l’administration pour promouvoir un environnement plus inclusif et en organisant des événements éducatifs et culturels, comme des conférences et des célébrations du Mois de l’histoire des Noirs et du Mois des Fiertés. Généralement, il est dirigé par des élèves avec l’appui d’une personne du personnel œuvrant en enseignement, en conseil pédagogique ou en travail social. Les rencontres se font sur une base régulière. Divers thèmes y sont abordés au moyen de discussions, d’ateliers ou d’actions communautaires. En favorisant l’intégration d’un tel groupe dans son milieu, une école contribue à offrir à chaque élève un climat scolaire plus équitable, inclusif et épanouissant.

Groupe d’affinité pour les élèves qui s’identifient aux communautés noires

Un groupe d’affinité pour les élèves qui s’identifient comme personnes noires est un espace intentionnel où les élèves d’ascendance africaine ou des communautés afrocaribéennes et afrodescendantes peuvent se réunir pour échanger au sujet de leurs expériences, célébrer leur identité et s’autonomiser collectivement. 

Qu’est-ce qui différencie un groupe d’affinité pour les élèves qui s’identifient comme personnes noires des autres groupes d’affinité?

Diapositive 1 sur 5

Pourquoi le groupe d’affinité pour les élèves qui s’identifient comme personnes noires est-il essentiel? 

Ce type de groupe offre un sentiment d’appartenance et de validation en promouvant des récits positifs et en favorisant l’estime de soi. Il contribue également à la réussite scolaire et personnelle en mettant en contact des élèves, des guides et des modèles qui savent inspirer.  Il donne aussi l’occasion aux élèves d’aborder des enjeux de justice sociale tout en créant un espace de joie, de fierté et de célébration.

Club alliance gai-hétéro (AGH)

Qu’est-ce qu’un club alliance gai-hétéro? 

Un club alliance gai-hétéro (AGH), aussi appelé gay-straight alliance (GSA), est un groupe d’affinité scolaire dirigé par les élèves et soutenu par des membres du personnel. Il vise à offrir un espace sécuritaire, inclusif et bienveillant aux jeunes 2ELGBTQIA+ (personnes deux-esprits, lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer, intersexes, asexuelles, et plus) ainsi qu’aux personnes alliées. Ce type de club offre aux élèves l’occasion de se rassembler, d’échanger au sujet de leurs expériences, de briser l’isolement et de sensibiliser la communauté scolaire aux enjeux de la diversité affective, sexuelle et de genre. 

Contexte légal en Ontario 

Depuis 2012, le projet de loi 13, Loi pour des écoles tolérantes, a modifié la Loi sur l’éducation de l’Ontario afin d’obliger les écoles à autoriser la création de clubs alliance gai-hétéro (AGH) ou d’autres groupes similaires si des élèves en font la demande. Cette loi vise à lutter contre l’intimidation, en particulier celle fondée sur l’orientation affective ou sexuelle, l’identité ou l’expression de genre ou toute autre différence, ainsi qu’à créer des milieux scolaires plus inclusifs pour chaque personne. 

Comment créer un club alliance gai-hétéro (AGH) dans une école? 

La création d’un club alliance gai-hétéro (AGH) peut se faire en respectant les étapes suivantes :

  1. Prendre en compte l’intérêt d’élèves souhaitant créer un espace sécuritaire pour discuter des enjeux 2ELGBTQIA+ ou y participer comme personnes alliées. 
  2. Désigner une personne membre du personnel volontaire pour soutenir le groupe. 
  3. Rencontrer la direction d’école afin de faire reconnaître officiellement le club, comme le prévoit la loi. 
  4. Définir les objectifs du club; par exemple, créer des activités de sensibilisation, organiser des discussions, célébrer les journées importantes, comme la journée internationale du dévoilement de l’orientation sexuelle (ou du coming out), Mois des Fiertés.
  5. Choisir un lieu sécuritaire dans l’école et établir un horaire de rencontre. 
  6. Assurer un climat de confidentialité et de respect, fondé sur des règles de participation inclusives.

Créer un espace rassembleur à l’échelle du conseil scolaire

Clubs et comités d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (EDIA)

Un club ou un comité d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (EDIA) dans une école peut prendre différentes formes selon ses objectifs, sa composition et la culture scolaire. Il existe plusieurs modèles de comités dont quelques-uns sont présentés ci-dessous.  

Comité mixte (élèves et adultes)  

Ce type de comité regroupe à la fois des élèves, des membres du personnel enseignant, des membres de la direction et parfois du personnel de soutien ou des parents. Il favorise une approche collaborative afin d’aborder les enjeux en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (EDIA) à l’échelle de l’école. 

Objectifs possibles : 

Élaborer et mettre en œuvre des initiatives favorisant l’équité et l’inclusion.

Analyser les politiques et les pratiques scolaires en fonction de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de l’accessibilité (EDIA).

Organiser des formations et des discussions ouvertes destinées à la communauté scolaire.

Faire des plaidoyers auprès de l’administration et être consultée par celle-ci.

Clubs d’élèves axés sur l’EDIA  

Les clubs d’élèves axés sur l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité (EDIA) sont dirigés par des élèves souvent avec l’appui d’une personne membre du personnel enseignant ou d’une personne adulte-alliée, et se concentrent sur des enjeux précis. 

Objectifs possibles : 

Sensibiliser aux diverses identités et expériences vécues.

Organiser des événements thématiques (par exemple, Mois de l’histoire des Noirs, Semaine de la vérité et réconciliation, Journée contre l’homophobie).

Favoriser le soutien et le mentorat entre les élèves provenant de divers horizons.

Exemples de clubs : 

  • club interculturel – célébration des diverses cultures présentes dans l’école et promotion du dialogue interculturel; 
  • comité féministe – discussions sur l’égalité des genres et la lutte contre le sexisme en milieu scolaire.

Comité du personnel

Certains établissements scolaires mettent en place un comité d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (EDIA) uniquement composé de membres du personnel scolaire. Ce comité travaille sur des initiatives institutionnelles et la formation du personnel. 

Objectifs possibles :

Évaluer et adapter les pratiques pédagogiques à une approche plus inclusive.

Développer des ressources et des formations sur l’antiracisme, l’accessibilité et l’équité.

Conseiller l’administration sur les décisions liées à l’équité, à la diversité, à l’inclusion et à l’accessibilité (EDIA).

Comité consultatif élargi  

Il s’agit d’un comité qui est composé d’élèves, de parents, de membres du personnel et parfois de partenaires communautaires. 

Objectifs possibles : 

Favoriser une approche généralisée de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de l’accessibilité (EDIA) qui implique toute la communauté scolaire.

Représenter diverses perspectives pour assurer que toutes les voix sont entendues.

Collaborer avec des organismes externes pour enrichir les initiatives en milieu scolaire.

Facteurs de succès d’un comité axé sur l’EDIA

  • Représentation diversifiée : un bon comité doit comprendre des voix variées (élèves, personnel, parents). 
  • Mandat clair et aligné sur les valeurs de l’école : le comité doit s’inscrire dans la vision et les engagements de l’établissement scolaire. 
  • Soutien de l’administration : un appui au comité est essentiel pour qu’il mène des actions concrètes. 
  • Engagement et formation continue : les membres du comité doivent faire preuve de sensibilité aux enjeux liés à l’équité et à l’inclusion pour mieux agir.

La structure choisie dépend des besoins et des ressources de l’école. L’essentiel est de créer un espace de dialogue et d’action pour favoriser un environnement scolaire qui valorise et respecte chaque élève et chaque membre du personnel.

Visibilité, valorisation et reconnaissance

Dans une école inclusive, chaque personne mérite d’être vue, entendue et reconnue pour la richesse de son identité, de son parcours et de ses contributions. La visibilité et la valorisation authentiques sont des leviers puissants pour renforcer le sentiment d’appartenance, particulièrement chez les élèves provenant de groupes en quête d’équité. 

Mettre en place des moyens concrets pour entendre la voix des élèves, comme des sondages inclusifs, des cercles de discussion, des comités consultatifs jeunesse ou des projets créatifs (par exemple, des balados ou des expositions) contribue non seulement à mieux comprendre leurs besoins, mais aussi à souligner leur rôle actif dans la vie scolaire. Ces espaces de participation doivent être accessibles à toutes les identités et à tous les vécus, y compris aux élèves des communautés  2ELGBTQIA+, racisées, autochtones, en situation de handicap ou venant de s’établir. 

La reconnaissance passe aussi par la célébration des talents et des réussites sous toutes leurs formes : scolaires, artistiques, communautaires, linguistiques, socioémotionnels, culturelles, etc. Il s’agit de sortir d’une vision normative du mérite pour mettre en lumière la diversité des forces et des contributions. Des initiatives comme des murs de reconnaissance, des cérémonies de valorisation inclusive ou des journées thématiques (par exemple, Mois de l’histoire des Noirs, Semaine des Fiertés) doivent être intégrées à la culture scolaire avec intention et cohérence. 

Enfin, pour être porteuse de sens, la reconnaissance doit s’accompagner d’un engagement à lutter contre l’effacement des identités et des voix minorisées.

L’agentivité

L’agentivité des élèves joue un rôle central dans la visibilité, la valorisation et la reconnaissance au sein du milieu scolaire. Donner aux jeunes le pouvoir d’agir, de s’exprimer et d’influencer leur environnement, c’est favoriser un sentiment profond d’appartenance et de dignité. Cela passe par la création d’espaces authentiques de dialogue, la participation aux décisions scolaires, la mise en valeur des initiatives, ainsi que la reconnaissance des identités multiples. Encourager l’agentivité, c’est reconnaître les élèves non seulement comme des personnes apprenantes, mais également capables de cocréer un milieu éducatif plus équitable, inclusif et représentatif de leurs réalités. Cette approche transforme l’école en un lieu vivant, enraciné dans la voix et les aspirations des jeunes qui la fréquentent. 

Activités de visibilité, de valorisation et de reconnaissance

Les activités concrètes présentées ci-dessous sont des exemples que peuvent mettre en place les conseils scolaires et les écoles pour favoriser la visibilité, la valorisation et la reconnaissance des élèves, en particulier des personnes provenant de groupes en quête d’équité.

Diapositive 1 sur 6